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La fonte des glaces, un phénomène mal connu

Depuis plus de 40 ans, les scientifiques nous alertent sur le fait que les glaciers fondent comme neige au soleil. Ils prévoient que 83 % d’entre eux disparaîtraient d’ici 2100, dont l’intégralité des glaciers de l’arc alpin. Mais malgré l’ampleur du phénomène c’est encore un sujet très abstrait, très éloigné pour la plupart d’entre nous. Alors que la fonte des glaciers nous concerne bien plus qu’on ne le pense avec ses nombreuses conséquences qui impacteront nos vies, si ce n’est pas déjà le cas. Mais en premier lieu, il faut revenir sur les raisons de la fonte des glaces, et en quoi ce phénomène doit-il nous préoccuper.


 


Glace et glacier


Tout d’abord, lorsque l’on parle de glacier, cela concerne les glaciers des hautes montagnes que ce soit en France, en Suisse, en Islande, ou au Pakistan mais aussi les glaciers du Groenland ou de l'Antarctique. Ces derniers regroupent à eux deux plus de 90 % de la glace mondiale.


Il est aussi important de rappeler que la fonte des glaces est à la base un phénomène naturel. Dans les périodes de températures estivales, il est normal que les glaciers voient un peu de leur glace fondre. Mais le problème auquel nous sommes confrontés depuis plus d’un siècle, c’est que non seulement la fonte des glaces accélère en commençant de plus en plus tôt, mais de plus les glaciers n’arrivent plus à se reconstituer. Ils perdent donc plus de glace qu’ils n’en récréent, d’où une perte. Le taux de fonte des glaces a augmenté de 65 % en 30 ans, passant de 800 milliards de tonnes par an dans les années 1990 à 1 300 milliards en 2017. Par exemple le Groenland, en 2019, a perdu 532 milliards de tonnes de glaces soit l’équivalent de 6 piscines olympiques par secondes (Données du WWF).





Pourquoi les glaciers fondent-ils ?


La principale cause de l’accélération de la fonte des glaciers est le réchauffement climatique, lié en majeure partie à l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère. Ces gaz, tels que le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O), emprisonnent une partie du rayonnement solaire réfléchi par la Terre, provoquant un réchauffement global.


Les activités humaines sont responsables de cette hausse rapide des GES : la combustion d'énergies fossiles du secteur énergétique, les transports, l'industrie lourde et l'élevage intensif génèrent d'importantes quantités de CO2 et de méthane. Celui-ci - produit notamment par les ruminants - a un pouvoir de réchauffement 28 fois supérieur à celui du CO2 sur un horizon de 100 ans.


Ce phénomène est amplifié par la diminution de l'albédo, ou capacité des surfaces à réfléchir la lumière solaire. Si la glace réfléchit une grande partie du rayonnement solaire, sa fonte laisse place à des surfaces plus sombres, telles que l’eau ou le sol, qui absorbent davantage de chaleur. Il en résulte un cercle vicieux qui accélère la fonte des glaciers et contribue à l'élévation du niveau des mers, mettant en danger les écosystèmes et les populations humaines vulnérables à proximité des côtes (En savoir plus sur les GES).


Climate Action Tracker (CAT)
Climate Action Tracker (CAT)

On observe plus particulièrement cette augmentation des températures au niveau du Groenland et de l’Antarctique puisque les pôles se réchauffent en moyenne 3 à 4 fois plus vite qu’ailleurs. Les cartes de température montrent qu’en 2019, la température en Arctique était supérieure de 4,7°C à la température moyenne observée entre 1979 et 2000. De plus, ce cercle vicieux entraîne la fonte du permafrost – des terres gelées qui renferment de grandes quantités de gaz à effet de serre – ce qui amplifie l’augmentation des températures. Les chercheurs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans un rapport de 2019, estiment que ce sont 1460 à 1600 milliards de tonnes de CO2 qui pourraient être relâchées – soit deux fois plus que la quantité contenue actuellement dans l’atmosphère.


Toutefois, la température de l’air n’est pas l’unique responsable de la fonte. Les courants océaniques jouent également un rôle décisif dans la fonte des glaces. À cause de l’augmentation de la température mondiale, les eaux équatoriales se réchauffent elles aussi et, lorsqu’elles arrivent aux pôles, leur température est plus élevée qu’elle ne l'était auparavant. Ainsi, les eaux de l’Arctique se sont réchauffées de 0,5°C par décennie depuis 1970, soit environ une hausse de 2,5°C aujourd’hui. La banquise en subit dès lors les conséquences.

 

Pourtant la banquise joue un rôle essentiel dans le maintien de la température des glaciers. Grâce à sa couleur très claire elle réfléchit 95 % des rayons du soleil, toujours ce fameux effet albédo. Mais du fait de la diminution de la banquise, une plus grande quantité de rayons entre directement en contact avec l’eau qui absorbe plus d'énergie solaire qu’elle n’en réverbère. Sans oublier qu'à cela s’ajoute la pollution atmosphérique qui se dépose sur la neige et la glace et contribue à assombrir ces surfaces, ce qui à son tour, entraîne une augmentation de l’absorption des rayonnements solaires. 


Enfin, la fonte des glaciers de hautes montagnes a aussi un impact sur l'accélération de la fonte de la banquise en déversant de plus en plus d'eaux douces dans l’océan. Ce qui entraîne notamment une baisse de la salinité des eaux du pôle Nord. Les masses d'eau ne sont alors pas suffisamment denses pour s’enfoncer dans les profondeurs : elles restent en surface, empêchent la formation de la glace et modifient le fonctionnement des courants.



Quelles sont les conséquences de la fonte des glaces ?


Cette fonte a de nombreuses conséquences, que ce soit sur les écosystèmes qui entourent directement les glaciers ou sur le reste de la planète. « Les glaciers sont comme une espèce de clé de voûte. Comme les abeilles, si on les enlève, tout le système change complètement », relève Jean-Baptiste Bosson, glaciologue au Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie.


Cate de la montée des eaux en Europe
Carte de l’Europe si tous les glaciers fondent - National Géographic

La fonte des glaces est la principale cause de la montée des océans. D’après un rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le niveau des mers a crû de 9,4 centimètres en moyenne à l’échelle mondiale en trente ans. Le niveau des océans augmente désormais de 3,4 mm chaque année. Selon les dernières estimations du GIEC, le scénario le plus optimiste prévoit une élévation d’au moins 28 cm d’ici à 2100, tandis que le pire scénario prévoit jusqu’à environ 1 mètre d’ici à 2100. « S’il y a 1 mètre d’élévation du niveau des mers, ce sera 1 milliard de personnes touchées, pas forcément qui auront les pieds dans l’eau, mais qui seront touchées via leur activité économique, l’agriculture, leurs moyens de déplacement… », indique la glaciologue française Heïdi Sevestre. Des villes françaises telles que Bordeaux, Arles, le Havre, sont menacées, tout comme New York, Tokyo, Shanghai ou encore Mumbai.


La fonte des glaces peut aussi être la cause de catastrophes naturelles. Plus les glaciers disparaissent, plus on risque d’avoir des événements météorologiques extrêmes chez nous, tels que des gels précoces, des périodes de sécheresse très intenses ou au contraire des précipitations très intenses. Notamment en ce qui concerne l’Antarctique, le courant – jet-stream – qui circule à la surface de la Terre d’est en ouest se forme par la rencontre d’air froid venant des pôles et d’air chaud venant de l’équateur et des tropiques. Or, avec le réchauffement des pôles, l’écart de température entre ces courants d’air chaud et froid se réduit, affaiblissant la force de ces vents. Ces masses d'air qui sont habituellement poussées par le jet-stream vont alors rester piégées dans ces boucles, générant des phénomènes météo extrêmes.     

                                                                              

Les scientifiques pointent également le poids que représentent les glaces sur les plaques tectoniques. « Les glaciers ont une masse colossale. Et quand on est sur des plaques tectoniques relativement fines, par exemple en Islande, leur fonte va faire remonter ces plaques qui se seront allégées. Et cela peut générer des tremblements de terre et du volcanisme », résume Jean-Baptiste Bosson, glaciologue et géomorphologue.


La fonte de la glace va aussi impacter la biodiversité et notamment les espèces présentes sur la banquise qui voient leur environnement modifié. Elles doivent donc s’adapter pour survivre, et vu la rapidité à laquelle la température monte aux niveaux des pôles, les espèces doivent s’adapter vite. Trop vite. On voit notamment les premiers effets de cette fonte sur les ours polaires qui ont de plus en plus de difficultés à s’approvisionner en nourriture, en particulier en prévision de leur période d’hibernation. Mais l’espèce qui est la plus menacée selon les scientifiques est celle des manchots empereurs, si l’émission de gaz à effet de serre ne diminue pas. Ils prévoient qu’entre 80 % à 99 % des colonies de manchots empereurs disparaîtront à l'horizon 2100. Certains animaux comme les bélugas, les renards arctiques et les bœufs musqués sont également à risque si la fonte des glaces s'intensifie. Mais au-delà des animaux vivant sur les glaciers, les espèces présentes dans les mers, notamment dans les zones profondes, connaissent aussi beaucoup de difficultés à s'acclimater aux différents changements (température, acidité, salinité, lumière, etc.). Cela conduit également de nombreuses espèces maritimes à migrer – voire à disparaître – ce qui est aussi un réel enjeu pour les populations humaines dépendantes de la pêche.

                 


Photos :  Hans-Jurgen Mager & Yomex Owo

 

Les glaciers des hautes montagnes sont aujourd'hui les plus grandes réserves d’eau douce sur Terre (70 %). La neige et les glaciers qui recouvrent les sommets sont essentiels à plus de 1,6 milliard de personnes soit plus de 20 % de la population mondiale actuelle. Leur perte entrainera des pénuries d’eau douce ou des difficultés à s’approvisionner pour certaines populations dans le monde.



Existent-ils des solutions pour limiter la fonte des glaces ?


Beaucoup d’idées innovantes ont été présentées pour lutter contre la fonte des glaces (des murs sous les océans, des canons à neige). Ces solutions sont extrêmement coûteuses et difficiles à mettre en place et permettent uniquement de freiner la fonte des glaces sur une très courte durée. A l’heure actuelle, la seule solution viable selon les scientifiques est de limiter le réchauffement climatique à +1,5 C en diminuant drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. 

 

 


 

Ressources supplémentaires :





 
 
 

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